Description
Années 1980, la guerre entre les parrains de la mafia sicilienne est à son comble. Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra part se cacher au Brésil. Arrêté puis extradé, Buscetta, prend une décision qui va changer l’histoire de la justice et de la mafia : rencontrer le juge Falcone et trahir le serment fait à Cosa Nostra…
L’auteur de Buongiorno, notte et de Vincere a, à plus de 80 ans, atteint une maîtrise du récit, de la direction d’acteur et de la mise en scène tout simplement époustouflante. Dans la grande tradition des films engagés et des films de mafia des années 1970 (notamment ceux de Francesco Rosi), il nous installe au cœur de l’ affaire la plus retentissante de la justice italienne : le maxi-procès de 1986-1987 basé sur les révélations du repenti Tommaso Buscetta. Avec un script pareil, la réalité dépasse, et de loin (malheureusement), la fiction. On croit tout savoir et l’on va de surprise en surprise, tant du côté des excès de la mafia que des particularités exceptionnelles du procès. Pour exemple : les interpellations, les menaces, les invectives éhontées des accusés avec pour carburant une mauvaise foi à toute épreuve. Le film est construit tout entier sur l’interprétation de Pierfrancesco Favino. Il est impérial, balançant entre la figure du (vrai-faux) juste et celle du traître. Son face à face avec Fausto Russo Alesi (qui joue le juge Falcone) est particulièrement bien écrit. Dans sa forme, le film s’impose comme un passionnant suspense policier et juridique qui captivera les élèves, sur le fond il décrypte le système mafieux et une invraisemblable mécanique judiciaire tout en rendant hommage à l’intégrité, au courage et à l’opiniâtreté de juges tels que Giovanni Falcone.